Plan de cession
Reprise de Tudigo : ce que reprend vraiment un repreneur
Les offres sont attendues pour le 14 septembre 2026, le tribunal les examine le 30. Le dossier attire, et c'est logique : une base d'investisseurs constituée sur plus de dix ans ne se reconstruit pas. Mais ce qui se reprend ici n'est pas seulement un actif, c'est un service en cours d'exécution. Voici ce que cela veut dire concrètement.
- Le calendrier de la procédure et la seule voie valable pour déposer une offre
- Ce que contient réellement le périmètre, actif par actif
- L'obligation de service qui vient avec, et que peu d'offres chiffrent
Deux échéances
Le calendrier de la reprise
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Date de cessation des paiements retenue par le tribunal, qui détermine le point de départ de la période suspecte.
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Jugement d'ouverture du redressement judiciaire de Tudigo SAS (RCS Bordeaux 788 438 406). Administration judiciaire : SELARL FHBX (Me Sylvain Hustaix). Mandat judiciaire : SELARL Laura Lafon. La société entre en période d'observation.
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Publication de l'avis d'ouverture au BODACC. C'est cette publication qui fait courir les délais opposables aux tiers.
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Date limite de dépôt des offres de reprise, à 12 heures, entre les mains de l'administrateur judiciaire : SELARL FHBX, Me Sylvain Hustaix, 76 cours Georges Clemenceau, 33000 Bordeaux.
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Audience d'examen des offres par le tribunal de commerce de Bordeaux.
Une seule voie compte. Une offre se dépose auprès de l'administrateur judiciaire désigné par le tribunal, dans les formes et le délai qu'il fixe. Une manifestation d'intérêt adressée à la société, à ses dirigeants ou à un tiers n'a aucune valeur procédurale. Les coordonnées de l'administrateur et les dates opposables figurent sur l'avis publié au BODACC : vérifiez-les à la source avant d'engager le moindre travail.
- Communication officielle de la plateforme : publiée le 11 août 2026, sur le sort des fonds et les issues de la procédure.
- Procédure de gestion extinctive : le dispositif de secours, les prestataires prévus et les frais facturés aux investisseurs.
- BODACC : l'avis d'ouverture, les organes désignés et les publications ultérieures de la procédure.
- Annuaire des Entreprises : la fiche publique de Tudigo SAS (SIREN 788 438 406) et ses comptes déposés.
- Service-public.fr, rubrique Entreprendre : le cadre légal du plan de cession.
Ce qu'il y a dans le dossier
Ce qui est réellement à reprendre
Le périmètre exact est arrêté par le tribunal et s'apprécie sur pièces, dans la data room. Mais la nature des actifs, elle, est connue de quiconque a construit ce type de plateforme. Il y en a quatre, et ils n'ont ni la même valeur ni la même fragilité.
- Une base d'investisseurs particuliers. La plateforme revendique plus de 240 millions d'euros investis par sa communauté et environ 300 entreprises financées. C'est l'actif qui ne se reconstruit pas. Il a été constitué sur plus de dix ans, opération après opération. Sa valeur ne tient pas au nombre de comptes, mais à la proportion de porteurs encore actifs et joignables. C'est un actif périssable : il se dégrade à mesure que le silence dure.
- Un portefeuille d'opérations en cours de vie. Obligations en cours d'amortissement, participations logées dans des véhicules dédiés, dossiers en recouvrement. Ce n'est pas un stock inerte : chaque ligne porte des obligations d'information, des échéances et, parfois, un contentieux.
- Un agrément et une infrastructure réglementée. Le statut de prestataire de services de financement participatif, les procédures, la relation avec le prestataire de paiement. Son maintien et sa transmissibilité sont un sujet à part entière, à instruire tôt.
- Une technologie et une marque. La partie la plus visible du dossier, et paradoxalement la plus remplaçable. Une plateforme se réécrit ; une base de porteurs qui a cessé de répondre, non.
Le point aveugle des offres
L'obligation de service que vous reprenez avec les actifs
Une plateforme de financement participatif en capital n'est pas seulement un canal de collecte. C'est un opérateur de post-marché : elle tient les registres, produit le reporting, administre les véhicules d'investissement qui portent les participations, convoque leurs assemblées, dépose leurs comptes, et assure, pour les obligations, la fonction de représentant de la masse des obligataires.
Cette charge ne s'éteint pas avec la procédure : elle attend un opérateur. Tant que personne ne la reprend, les véhicules dérivent, les comptes ne sont pas déposés, les assemblées ne se tiennent pas, et les porteurs perdent de la valeur par simple inertie administrative.
C'est aussi ce qui rend le dossier lisible pour qui sait le lire. Un dispositif de gestion extinctive existe, publié par la plateforme, qui confie en cas de défaut la gestion technique et la communication à un prestataire, la représentation de la masse obligataire à un autre, et le recouvrement ainsi que la gérance des véhicules actions à un troisième. Ses frais sont facturés aux investisseurs et prélevés sur les flux qui leur reviennent : plusieurs milliers d'euros par an et par dossier, auxquels s'ajoutent des commissions sur les montants collectés et sur les flux retour.
C'est un repli, pas une solution de gestion : il coûte cher aux porteurs, année après année, et ne recrée aucune relation avec eux. Un repreneur qui reprend le service et le rend correctement ne se contente donc pas de racheter une base : il évite à cette base de se déliter, et récupère la seule chose qui ait de la valeur à trois ans, la confiance.
La conséquence est simple à formuler. Une offre qui chiffre la marque et la technologie sans dimensionner cette charge se découvre un passif d'exploitation dès le premier mois. Une offre qui la dimensionne correctement, à l'inverse, se distingue immédiatement devant le tribunal, dont l'appréciation ne porte pas seulement sur le prix.
Accès au dossier
Comment accéder à la data room
L'accès aux informations du dossier est organisé par l'administrateur judiciaire, généralement après une manifestation d'intérêt écrite et la signature d'un engagement de confidentialité. C'est le seul canal, et il est le même pour tout le monde.
- Adressez votre manifestation d'intérêt à l'administrateur judiciaire, en présentant l'entité candidate, son financement et le périmètre visé. Les coordonnées figurent sur l'avis BODACC.
- Attendez-vous à un engagement de confidentialité avant tout accès, et à un calendrier serré : entre l'ouverture et la date limite de dépôt, la fenêtre d'instruction est courte.
- Instruisez en priorité ce qui conditionne l'offre : le sort de l'agrément, l'état réel du portefeuille en gestion, et la charge de service décrite ci-dessus. Le reste s'ajuste.
Je n'ai aucun rôle dans cet accès, et je n'ai pas accès aux données de l'entreprise depuis mon départ. Ne me demandez pas d'informations confidentielles : je ne les ai pas, et je ne les transmettrais pas.
Construire une offre
Pourquoi bâtir votre offre avec quelqu'un qui a construit cette base d'investisseurs
J'ai cofondé cette plateforme et participé à son développement pendant plus de douze ans. Ce que je connais de l'intérieur, c'est le marché et la relation avec les porteurs : comment se construit une base d'investisseurs particuliers, ce qui les décide à souscrire, ce qui les fait revenir sur une deuxième opération, et ce qui les fait partir. Cette matière-là ne s'achète pas dans une data room, parce qu'elle ne s'y trouve pas : une data room dit ce qui existe, elle ne dit pas pourquoi des gens ont dit oui.
Ce que je peux apporter à un candidat : une lecture du marché et du périmètre commercial, ce qui a fonctionné et ce qui n'a jamais fonctionné dans ce modèle, une évaluation lucide de l'état réel de la base d'investisseurs et de ce qu'il faudrait pour la réactiver, et une idée assez précise de ce que les porteurs attendent aujourd'hui d'un opérateur.
Ce que je n'apporte pas : aucune information confidentielle, aucun accès privilégié à la procédure, aucun avantage devant le tribunal. Je n'exerce plus aucune fonction dans l'entreprise depuis novembre 2025 et je m'en tiens strictement à ce qui est public et à ma propre expérience. Je ne porte pas non plus d'appréciation sur la façon dont la tenue juridique et administrative des véhicules a été assurée : elle ne relevait pas de mon périmètre.
Et je n'apporte aucun accès aux investisseurs. Je réunis par ailleurs des porteurs autour d'un outil gratuit et indépendant : leurs données ne sont transmises à personne, ni à un repreneur, ni à qui que ce soit d'autre. Ce que je peux dire d'eux, je le dis en général et sans les nommer. C'est la condition pour qu'ils me fassent confiance, et je n'y dérogerai pas, quel que soit l'intérêt de la conversation.
Si vous instruisez ce dossier, parlons-en tôt. Une heure de conversation avant de rédiger votre offre vaut mieux qu'un mois de découverte après le jugement.
Repreneurs
Échanger sur le dossier
Fonds, plateforme, industriel, family office ou candidat individuel : si vous instruisez une offre, écrivez-moi. Je ne suis pas moi-même candidat à la reprise et je n'ai aucun intérêt dans l'issue de la procédure : j'interviens comme éclairage sur le dossier, rien de plus. Je réponds personnellement, sous confidentialité, et je vous dis très vite si je peux être utile ou non.
Vous êtes investisseur et non repreneur ? Le guide de l'investisseur répond à vos questions.
Message reçu.
Merci. Je reviens vers vous rapidement, compte tenu du calendrier de la procédure.
Questions fréquentes
La reprise, question par question
Comment déposer une offre de reprise sur Tudigo ?
Une offre de reprise se dépose auprès de l'administrateur judiciaire désigné par le tribunal de commerce de Bordeaux, dans les formes et le délai qu'il a fixés. Ses coordonnées figurent sur l'avis publié au BODACC. Aucun autre canal n'a de valeur : une offre adressée à la société, à ses dirigeants ou à un tiers n'est pas une offre au sens de la procédure.
Quelle est la date limite de dépôt des offres ?
D'après les informations publiées, les offres sont attendues pour le 14 septembre 2026 à 12 heures, et le tribunal les examine à l'audience du 30 septembre 2026. Ces dates peuvent être aménagées par le tribunal : vérifiez-les auprès de l'administrateur judiciaire avant d'engager vos travaux.
Comment obtenir l'accès à la data room ?
L'accès aux informations du dossier est organisé par l'administrateur judiciaire, généralement après manifestation d'intérêt et signature d'un engagement de confidentialité. C'est le seul canal. Je n'ai aucun rôle dans cet accès et je n'ai pas accès aux données de l'entreprise depuis mon départ en novembre 2025.
Quelle différence entre plan de cession et plan de redressement ?
Un plan de redressement laisse l'entreprise à ses propriétaires actuels avec un échéancier d'apurement du passif. Un plan de cession transfère à un repreneur les actifs et les contrats que le tribunal désigne, l'entité d'origine étant ensuite liquidée. Les deux voies ne se préparent pas de la même façon et n'ont pas les mêmes conséquences pour les salariés, les créanciers et les clients.
Un repreneur reprend-il le passif de la société ?
Dans un plan de cession, le repreneur acquiert un périmètre d'actifs et de contrats arrêté par le tribunal, et ne reprend pas le passif antérieur, sous réserve des exceptions prévues par la loi, notamment pour certains contrats et sûretés. Ce point conditionne la structure de l'offre et se traite avec un conseil spécialisé, dossier en main.
Que deviennent les investisseurs en cas de reprise ?
C'est la question la plus déterminante et la moins traitée dans les offres. Le service rendu aux investisseurs, tenue des registres, reporting, gouvernance des véhicules, représentation des obligataires, ne disparaît pas avec la procédure : il attend un opérateur. Une offre qui reprend la marque et la technologie sans dimensionner cette charge se découvre un passif d'exploitation dès le premier mois.
Le dossier investisseurs