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Dossier Tudigo, les SPV

Actionnaire via un SPV Tudigo : ce que vous détenez vraiment

Vous avez investi via un projet en actions sur Tudigo, et vous découvrez que vous n'êtes pas directement actionnaire de la société soutenue, mais d'un SPV, un véhicule d'investissement dédié qui, lui, détient les titres. Cette page explique ce que ça veut dire concrètement, ce qui change avec le redressement judiciaire, et ce que les associés du SPV peuvent faire ensemble pour reprendre la main.

Structuration

Ce qu'est un SPV, et pourquoi il existe

Un SPV, pour Special Purpose Vehicle, autrement dit une holding d'investissement dédiée, est une société créée uniquement pour porter l'investissement de plusieurs particuliers dans une même opération. Sur Tudigo, comme sur la plupart des plateformes de crowdequity, il prend en général la forme d'une SAS (parfois d'une SC ou d'une SCA), avec des dizaines à plusieurs centaines d'associés.

Le schéma est le suivant :

  1. Vous investissez et devenez actionnaire du SPV.
  2. Le SPV agrège les fonds de tous les investisseurs du projet.
  3. Le SPV souscrit ensuite en une fois aux titres de la société financée.
  4. La société financée n'a qu'un seul actionnaire au registre : le SPV.

Cette architecture a une vraie logique pour l'entreprise financée : elle n'a pas 300 minoritaires à gérer, mais un seul, ce qui simplifie considérablement la gouvernance, les assemblées, les opérations sur capital. Pour l'investisseur, c'est le prix à payer pour accéder à des tickets d'entrée bas, mais cela introduit un intermédiaire de plus, avec ses propres besoins de fonctionnement.

Vos droits

Ce que vous détenez précisément

Concrètement, en tant qu'associé d'un SPV Tudigo, vous détenez :

  • Des actions (ou parts sociales) du SPV lui-même. Ces titres sont inscrits dans le registre du SPV, tenu par son représentant légal.
  • Un droit de vote en assemblée du SPV, généralement proportionnel à votre participation, dans les conditions prévues par les statuts.
  • Un droit économique sur les distributions faites par le SPV : dividendes reçus de la société sous-jacente, ou produit d'une éventuelle cession de sa participation.
  • Un droit à l'information : comptes annuels du SPV, rapport de gestion, procès-verbaux d'assemblée.

Ce que vous ne détenez pas directement, c'est une action de la société financée. Vous n'êtes pas au registre de cette société. C'est le SPV qui y figure, et c'est lui qui exerce, en votre nom collectif, les droits d'actionnaire (vote, information, exit).

Cette distinction est fondamentale quand la plateforme qui administrait le SPV se retrouve elle-même en difficulté.

Impact procédure collective

Ce que le redressement judiciaire change pour votre SPV

Le redressement judiciaire concerne la société qui exploitait la plateforme, pas votre SPV, ni la société qu'il détient. Vos titres restent vos titres. Ce qui change, c'est le service d'administration du véhicule, quand il était piloté par une entité liée à la plateforme.

Selon la structuration de votre SPV, plusieurs cas de figure :

  • SPV avec un président / gérant tiers indépendant. La procédure de la plateforme n'a pas d'effet immédiat sur le fonctionnement du véhicule. Le mandataire continue sa mission, sous réserve de sa propre disponibilité et de sa rémunération.
  • SPV présidé par une entité du groupe plateforme. C'est là que l'administration courante peut se dégrader : tenue du registre, réponse aux call-notice, convocation d'assemblée, arrêté des comptes, dépôt au greffe. Ces opérations sont souvent externalisées à des équipes internes qui peuvent être redéployées, ou dont les prestataires ne sont plus payés.
  • SPV avec un mandat de gestion signé avec la plateforme. Le contrat peut prévoir sa résiliation automatique en cas de procédure collective, ou au contraire sa poursuite forcée pendant la période d'observation, à la discrétion de l'administrateur judiciaire.

Dans tous les cas, vos titres restent vos titres. Vos droits économiques et politiques ne s'éteignent pas. Ce sont les modalités pratiques d'exercice qui peuvent demander une réorganisation.

Ce que ça va coûter

Ce que la gestion extinctive va coûter, et à qui

Une chose à poser avant le reste, pour qu'aucune ambiguïté ne subsiste. J'ai appris ce qui suit exactement comme vous l'avez appris : par une communication sur la mise à jour des conditions générales. J'ai été informé comme un client. Le barème, le choix des prestataires et les modalités de consultation datent de l'été 2026, soit neuf mois après mon départ. Je les ai découverts le 17 août, dans le même courrier que vous.

Je vous en parle à deux titres : comme un ancien dirigeant qui sait lire ce genre de document, et comme un client qui va payer la même chose que vous.

Si un repreneur est retenu par le tribunal, le suivi de vos participations continue, sous une autre marque et selon d'autres méthodes. Sinon, la société bascule en liquidation et un dispositif de gestion extinctive s'applique, confié à des prestataires spécialisés. Ce dispositif est prévu, il est légal, il est même prudent. Mais il a un prix, et ce prix est pour vous.

  • Pour un véhicule d'investissement en actions : 8 400 € TTC par année commencée, plus 1,8 % sur tous les flux qui vous reviendront.
  • Pour un emprunt obligataire : de 4 000 à 10 000 € par an, plus les mêmes 1,8 %.

Tout le problème tient dans le forfait. Ces 8 400 € sont dus quelle que soit la taille du véhicule. Sur cinq années commencées, cela fait 42 000 €, quel que soit le montant investi.

Taille du véhiculeForfait sur 5 ansPart du capital
1 000 000 €42 000 €4,2 %
650 000 €42 000 €6,5 %
300 000 €42 000 €14 %
100 000 €42 000 €42 %

Ces pourcentages ne comptent que le forfait : 42 000 € divisés par la taille du véhicule. Les 1,8 % prélevés sur les flux s'y ajoutent. Plus votre véhicule est petit, plus la facture vous coûte cher en proportion. Ajoutez que beaucoup de lignes n'iront jamais à leur terme, et que ces frais seront prélevés quand même, année après année.

Ce barème peut, ou pas, être parfaitement légitime : un service rendu se paie, et il faudra bien que quelqu'un le rende. Je dis simplement qu'il fait porter le coût le plus lourd à ceux qui ont mis le moins, et que personne ne vous l'a présenté sous cette forme lorsque vous avez investi.

Vérifiez toujours votre situation propre auprès de l'administrateur judiciaire : je n'ai plus accès aux dossiers depuis novembre 2025.

Deux décisions

Ce que vous aurez à décider, et qui décidera pour vous

Lisez les consultations écrites qui arrivent

Vous serez consultés projet par projet pour valider un nouveau mandataire et accepter des avances de frais. Prenez le temps de les lire avant de signer. C'est le seul moment où votre avis pèse sur ce que la suite vous coûtera.

Regardez qui vous représente

C'est probablement la décision la plus lourde que vous aurez à prendre dans ce dossier. Je prends mon propre cas, parce qu'il illustre le mécanisme mieux qu'une explication.

Les 52,3 % qui ont voté mon exclusion sont la somme de deux blocs : les parts de mon cofondateur, et les 7 % détenus par un véhicule qui rassemble 700 actionnaires particuliers. Sans ces 7 %, il n'y avait pas de majorité.

Ces 700 personnes n'ont pas voté. Leur véhicule a voté pour elles, par la voix de son président. Et ce président avait lui-même été désigné, treize mois plus tôt, par une consultation où 24 % du capital du véhicule s'était exprimé.

C'est le fonctionnement normal d'un véhicule collectif, et c'est parfaitement légal. Mais quand celui qui vote pour vous a un intérêt propre dans la décision, votre intérêt et le sien peuvent cesser de coïncider.

Trois principes que je m'appliquerais à votre place.

  1. Choisissez quelqu'un qui a de l'argent dans le véhicule, parce que celui qui ne perd rien a peu à défendre.

  2. Répartissez les pouvoirs, parce que là où un seul décide, il suffit d'en convaincre un seul.

  3. Regardez ce que la personne a fait ailleurs, parce que dans ce métier les antécédents parlent plus fort que les intentions.

Je n'ai aucun nom à vous proposer et aucun à vous déconseiller.

Action collective

Comment les associés reprennent la main sur leur SPV

C'est la bonne nouvelle : un SPV est une société comme les autres. Ses associés peuvent parfaitement se coordonner, convoquer une assemblée, changer de gouvernance, et confier l'administration à un tiers de leur choix. La loi et les statuts prévoient tous les mécanismes nécessaires.

Les étapes-clés :

  1. Identifier les autres associés. Vous avez droit d'accès à la liste des actionnaires du SPV. C'est le premier pas indispensable pour se coordonner.
  2. Convoquer une assemblée générale. Selon les statuts, à l'initiative d'un ou plusieurs associés détenant un pourcentage minimum du capital, ou par un mandataire ad hoc désigné en justice si le président fait défaut.
  3. Voter les résolutions. Révocation du président en place, nomination d'un nouveau représentant légal, désignation d'un prestataire d'administration indépendant.
  4. Mettre en place un suivi durable. Registre à jour, comptes déposés, représentation en assemblée de la société sous-jacente, information régulière des associés.

Ce n'est pas trivial à faire seul. C'est très faisable à plusieurs, à condition d'avoir un outil pour identifier les autres associés, un cadre juridique clair, et un partenaire d'exécution. C'est précisément ce que je construis, gratuitement, pour tous les investisseurs concernés par la situation actuelle du secteur.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur les SPV Tudigo

Est-ce que je peux vendre mes actions du SPV ?

En principe oui, sous réserve des clauses d'agrément et de préemption prévues par les statuts du SPV. En pratique, le marché secondaire est très étroit tant qu'il n'y a pas d'événement de liquidité sur la société sous-jacente. La solution en préparation intègre un outil de mise en relation entre associés d'un même SPV, pour organiser ces transferts quand c'est possible.

Que se passe-t-il si la société sous-jacente est vendue ?

Le SPV cède ses titres, encaisse le prix, paie ses éventuels frais, puis distribue le solde à ses associés, au prorata de leur participation. Cette opération suppose un représentant légal en fonction, capable de signer les actes de cession et d'exécuter la distribution. C'est pour cela que la continuité de gouvernance du SPV compte.

Faut-il déclarer une créance pour un SPV ?

Un actionnaire du SPV n'a pas de créance à déclarer contre la plateforme, sauf cas particulier (facture impayée, préjudice caractérisé). Ce que vous avez, c'est une participation en capital dans le SPV, pas une dette de la plateforme envers vous. Pour un cas particulier, faites vérifier votre situation par un avocat.

Que faire si je n'ai plus accès à mon espace investisseur ?

Rassemblez tous les documents que vous pouvez encore récupérer : bulletin de souscription, statuts du SPV, procès-verbaux d'assemblée, comptes annuels. Ces documents suffisent à établir votre qualité d'associé et vos droits, même si l'espace en ligne devenait inaccessible.

Un live gratuit pour les investisseurs Tudigo. Une heure en ligne sur l'état de la procédure et sur ce que vous pouvez décider. Le replay et le guide PDF partent ensuite à tous les inscrits.

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Être prévenu(e) de l'ouverture

Je construis une solution gratuite pour que les associés d'un SPV puissent reprendre collectivement la main sur leur véhicule, indépendamment de toute plateforme. Laissez votre email pour être prévenu(e) de l'ouverture et recevoir mes points de situation factuels sur la procédure. Rien d'autre.

Vous pouvez aussi détailler votre situation sur le formulaire complet du guide.